accueil > Tous les conseils > Conseils > Grands changements en matière locative: nouvelle loi du 25 avril 2007
Comme annoncé dans notre newsletter n°23 du mois de janvier 2007, d’autres réformes étaient prévues en matière locative. C’est chose faite. Une loi est parue ce 8 mai 2007, au moniteur belge (loi du 25 avril 2007 « qui porte sur des dispositions diverses »).
Elle traite notamment des modifications du Code civil qui concernent les baux à loyer et porte sur l’obligation de désormais indiquer le montant du loyer et des charges dans les annonces immobilières ou affiches, l’obligation d’établir un état des lieux d’entrée, la diminution possible de la garantie locative à 2 mois de loyer...
Dorénavant, toute mise en location d'un bien affecté à l'habitation au sens large impliquera, dans toute communication publique ou officielle, que figure notamment le montant du loyer demandé et des charges communes. En cas de non respect de cette nouvelle disposition, une amende administrative à la clé… Montant : entre € 50 et € 200. Les communes pourront constater, poursuivre et sanctionner les manquements. La commune compétente est celle où le bien loué est situé.
A l’avenir, bailleur et locataire devront impérativement dresser un état des lieux détaillé, contradictoire, et à frais communs. Cet état des lieux est dressé, soit au cours de la période où les locaux sont inoccupés, soit au cours du premier mois d'occupation. Il sera annexé au contrat de bail écrit et obligatoirement soumis à l’enregistrement, tout comme le bail.
Le bien loué doit répondre aux exigences élémentaires de sécurité, de salubrité et d'habitabilité. Cette condition n’est pas nouvelle. Elle s'apprécie par référence à l'état du bien loué au moment de l'entrée en jouissance du preneur. Ce qui est nouveau, c’est l’obligation d’annexer au bail ces conditions minimales. Le but recherché est de mieux informer le locataire de ses droits en la matière.
Le bailleur sera obligatoirement tenu de toutes les réparations autres que locatives. Ces dernières seront définies par un arrêté royal qui sera délibéré en Conseil des ministres.
Pour chaque contrat de bail, il sera rédigé trois annexes, une par région. Chacune doit contenir une explication de nombreuses dispositions légales, comme celles relatives aux normes de salubrité, sécurité et habitabilité, au bail écrit, à son enregistrement et à la gratuité de celui-ci, la durée du bail, les possibilités de révision du loyer, l'indexation, les charges, les règles établies en matière de réparations locatives, les possibilités de mettre fin au bail, les dispositions liées au changement de propriétaire ou les possibilités pour les parties de pouvoir être assistées en cas de litige.
Jusqu’à présent, la garantie locative était très peu réglementée et beaucoup d’excès avaient été constatés. Le législateur a voulu mieux protéger le locataire.
Les garanties offertes par le preneur peuvent prendre différentes formes. Nous nous intéresserons aux trois formes évoquées par la loi : soit un compte individualisé ouvert au nom du preneur auprès d'une institution financière, soit une garantie bancaire qui permet au preneur de constituer progressivement la garantie, soit une garantie bancaire résultant d'un contrat-type entre un CPAS et une institution financière.
Dans ces trois cas, celle-ci ne peut excéder un montant équivalent à 2 ou 3 mois de loyer, selon la forme de la garantie locative. Explications :
Les intérêts de la garantie locative sont capitalisés au profit du preneur. Lorsque le bailleur est en possession de la garantie et s'abstient de la placer, il est tenu de payer au preneur des intérêts au taux moyen du marché financier.
Enfin, la loi prévoit « qu’il ne peut être disposé du compte bancaire, tant en principal qu'en intérêts, ni de la garantie bancaire ni du compte sur lequel la reconstitution de la garantie s'est effectuée, qu'au profit de l'une ou l'autre des parties, moyennant production soit d'un accord écrit, établi au plus tôt à la fin du contrat de bail, soit d'une copie d'une décision judiciaire. Cette décision est exécutoire par provision, nonobstant opposition ou appel, et sans caution ni cantonnement. ».
En conclusion, toutes ces mesures viennent compléter la réforme locative entamée par la loi-programme du 27 décembre 2006, publiée au Moniteur belge du 28 décembre 2006. Le but avoué est de protéger le locataire, tant en lui donnant accès à une meilleure information qu’en facilitant les conditions d’accès à un logement.